Ce week-end du 20 et 21 juin, alors qu’une bonne partie de la France est en alerte canicule, se déroulait la dernière session du cycle grandes voies. Dans le coin, difficile de trouver des voies à l’ombre mais j’avais repéré quelques itinéraires du côté du Destel, à côté de Toulon. Il y avait aussi quelques voies très faciles au bec de l’aigle, à la Ciotat, sorte de formation rocheuse en poudingue assez incroyable. Le planning était donc décidé : départ samedi matin de Cagnes, grimpe au bord de l’eau le samedi à la Ciotat, nuit au camping à Six-Fours, grimpe le lendemain au Destel. Carré.
On va passer l’aspect organisationnel un peu pénible et commencer l’aventure au samedi matin à la Ciotat. Le bec de l’Aigle se situe tout proche de la ville et il faut se garer dans les rues qui servent aussi aux gens qui veulent se baigner dans la calanque du Mugel. A 10h, heure de notre arrivée, il reste encore des places mais ça se remplit vite ! Une fois acquittés du tarif exhorbitant de stationnement et le matériel distribué, on suit les baigneurs avec leurs paddle sous le bras pour traverser une première plage et rentrer dans le parc du Mugel.

De là, 2 itinéraires pour accéder au pied des 2 voies sélectionnées : monter un peu pour aller chercher un grand rappel de 50m ou faire un petit rappel, une traversée et un autre petit rappel. Nous sommes nombreux (15 !) alors l’équipe se sépare en deux pour se retrouver un peu plus tard au pied des voies. Le temps que tout le monde arrive et se prépare, comme on est au bord de l’eau et qu’il fait déjà très chaud, j’en profite même pour piquer une tête !
Mattieu est le premier à s’élancer dans la Piste Noire avec une première longueur en traversée au dessus de l’eau en 5b, cotation la plus dure de la voie. Je le suis avec JP et il a pour mission de tout faire devant. Nous sommes à peu près à l’ombre pour le moment. A peu près en même temps, c’est Jean-Luc qui décole dans la ligne assez incroyable de l’atelier bleu, suivi de ses camarades du jour : Djé et Sandrine. Pour eux, c’est malheureusement plein cagnard. Heureusement, la brise marine diminue un peu la fournaise. Derrière eux, c’est Sabine qui prend la tête et saute involontairement un point sur deux. Il est vrai qu’il n’est pas facile de repérer les broches parmi tous ces galets collés.

Dans la Piste noire, ça fait le petit train avec Laura, Flo et David qui nous suivent. J’essaie de motiver David à grimper en tête, ce qu’il fera sur quelques longueurs. Dans la dernière cordée, Alexis et Gautier laissent Roxane devant. Cette dernière se la joue guide en grimpant en baskets !
Si ça se passe très bien dans l’atelier bleu, on n’a pas beaucoup regardé le topo dans la piste noire et Mattieu se fait surprendre par la longueur de la L3 qui fait 50m tout pile. Il s’arrête un peu avant le relais qu’il fabrique en utilisant un point de l’ancien équipement. Problème, la longueur suivante fait aussi 50m ! Impossible d’atteindre le relais, alors il nous assure sur mono-point. Parfois, on improvise un peu. Un peu décontenancé, il en oublie son Reverso pour la dernière longueur. C’est en forgeant qu’on devient forgeron !

Derrière nous, ça profite de nos erreurs pour corriger le tir. Mais comme le soleil monte et que la paroi, bien qu’orientée au nord, ne soit pas bien raide, ça finit par prendre le soleil ! Enfin, tout le monde finit par se retrouver au sommet. On doit équiper une main courante pour atteindre la sortie de l’atelier bleu et faire une rappel pour redescendre. Ju est parti devant et nous a équipé une méga main courante pour assurer la descente un peu raide. Merci ! Les derniers n’ont plus qu’à la récupérer.
Mattieu nous quitte pour aller squatter la soirée on ne sait où tandis que le reste du groupe cherche un endroit où se désaltérer. Une fois cet objectif atteint, Jean-Luc, Djé, Sandrine, Laura, David et Flo nous quittent pour d’autres obligations et nous allons nous installer pour la nuit au camping Orly d’Azur.
Sabine nous dégote un petit resto bien sympa (CaN’elles) dont le rougaï un peu trop épicé pour certains restera dans les mémoires. C’est là que nous décidons des cordées pour le lendemain et que je lâche la bombe : réveil à 5h pour éviter soleil et chaleur !
Après une courte nuit, bercés par les hurlements des enfants qui jouent sur le mini-terrain juste à côté de nos emplacements, on parvient à s’extirper de nos tentes et à parvenir au parking presque à l’heure visée. Nous sommes bien les premiers. On attaque rapidement la marche d’approche, qui nous sépare assez vite. Ju et son pote Pierre vont grimper le Diable au corps à la Grande écaille Nord. Gautier, Roxane et Alexis grimpent dans la voie d’à côté : Diablerie.
Je grimpe avec Mattieu dans Promenons-nous dans les bois et Jp, Mattieu et Thibaud nous suivent.

Encore une fois, Mattieu est le premier à décoller. On a décidé (enfin, j’ai décidé) de grimper en réversible et nous enchaînons les longueurs avec efficacité. Cette fois, pas d’erreur de relais ou d’itinéraire. Malgré que l’itinéraire soit entrecoupé de vires (confortable pour faire les relais !), les longueurs sont plus tôt sympas à grimper. On est bien à l’ombre, avec un peu d’air, on ne souffre pas du tout de la chaleur. Derrière nous, ça ne perd pas son temps non plus. JP prend la tête pour les 3 premières longueurs puis c’est au tour de Matthieu.
Je suis le premier au sommet, il est 9h. A 10h, nous sommes les 5 sur le plateau sommital. Au loin, on aperçoit la cordée leadée par Roxane (les garçons se sont fait visiblement balader tout le week-end) en train de remonter une belle arête. Je laisse mes 4 camarades descendre aux voitures et rentrer et vais me rendre à la sortie des autres voies.
J’arrive à peu près au même moment que Julien, dégoulinant de sueur car il a subi une dernière longueur au soleil ! Heureusement ce n’était pas la majorité de la voie. Quelques minutes plus tard, c’est Roxane qui débarque pas tout à fait de là où on l’attendait, avec ses deux grimpeurs en corde tendue. Bientôt prête pour passer des diplômes !

Il est 11h et il est temps de redescendre. Au soleil, la chaleur est intense. Le groupe choisit l’itinéraire de descente touristique. Comme j’avais laissé le sac plus loin, je n’ai pas le choix que de prendre la version rapide et attendre loooooongtemps au bord de la nationale… Il paraît que la patience est la principale qualité d’un moniteur d’escalade. Pas sûr que je sois un très bon moniteur du coup.
Ainsi s’achève ce week-end torride et le cycle GV. On a au moins appris qu’au Destel, certaines voies restent à l’ombre un bon moment alors qu’au bec de l’aigle, non 😀
Le bilan de la formule débutants/expérimentés reste à faire mais il y a de bonnes chances pour que ce soit reconduit. Rendez-vous en septembre pour de nouvelles aventures !



















